lundi 26 juin 2017

La lanterne des morts - Janine Boissard

Synopsis : Lila et Adèle sont sœurs. Belle, brillante, passionnée, Lila ne rêve que de mener la grande vie. Hélas elle est victime de bipolarité, cette terrible maladie où le meilleur côtoie le pire. Adèle est douce, tendre, responsable.
Les années passant, de lourds soupçons pèsent sur Lila. Autour d’elle, plusieurs événements tragiques, toujours liés à des affaires d’argent. Mais sans jamais la moindre preuve.
Voyant sa sœur s’attaquer à celui qu’elle aime, les yeux d’Adèle s’ouvrent enfin. Menant une discrète enquête, elle découvre la vérité. Mais cela suffira-t-il à sauver Vivien ?
C’est dans les beaux paysages du Périgord Noir, où flottent les arômes de truffe et de bon vin, que se passe cette histoire de famille comme Janine Boissard excelle à les raconter, mêlée d’un suspense qui ne faiblit jamais.


Janine Boissard est une auteure que j'apprécie. Elle a écrit tellement de livres et moi je n'en ai lu que 2. Mais 2 que j'ai beaucoup aimé, aussi quand j'ai vu que sur Netgalley son nouveau titre était disponible j'ai postulé.

La lanterne des morts c'est l'histoire de Lila & Adèle, deux soeurs très différentes. Lila l'aînée est belle et brillante, et attire tous les regards sur elle. Adèle quant à elle est plutôt du genre effacée et gentille. Oui mais voilà Lila souffre de bipolarité. Alors quand leur mère meurt suite à l'ingestion d'une plante "poison", les soupçons se portent sur Lila. Leur tante décide d'alors de prendre Lila avec elle à Bordeaux. Les années passent tranquillement, mais quand Lila revient vivre au manoir familial, d'autres évènements se produisent, Adèle n'a plus de doute. Et lorsque celui qu'elle aime se retrouve en danger, Adèle va alors se révéler.

J'ai vraiment passer un moment de lecture plus qu'agréable en compagnie de ce livre. Comme d'habitude, Janine Boissard nous offre là un livre simple sur la vie, les relations familiales, l'amour. Cette histoire entre ces deux soeurs est tout simplement magnifique. La complicité et l'attachement est bien là, mais la maladie de Lila va altérer cette relation. C'est quelque chose de terrible parce qu'on sent bien que Lila ne maîtrise pas tout. On sent bien que la maladie est plus forte qu'elle. Surtout que Lila va petit à petit refuser de prendre son traîtement. Janine Boissard aborde ce sujet en toute simplicité. Les personnages sont habilement travaillés,  et parfois j'ai eu de la peine pour Adèle, mais j'ai également eu envie de la bousculer à plusieurs reprises pour la faire réagir.

Cette histoire qui se déroule au coeur du Périgord Noir, est une histoire de famille comme seule Janine Boissard sait les raconter, avec ses secrets et ses non-dits. Tout en finesse, tout en douceur, mais laissant planer un suspens, parfois insoutenable.

En conclusion, ce troisième roman confirme tout le bien que je pense de Janine Boissard. J'aime son style, à la fois tout en simplicité, mais également tout en profondeur. Les sentiments sont à l'honneur dans les livres de Janine Boissard, et La lanterne des morts n'y échappe pas.

 Je remercie Netgalley et les éditions Fayard pour ce bon moment de lecture.




C'est lundi ! Que lisez-vous ?



Le principe est simple. Le lundi, on fait le point sur les lectures en répondant à trois questions

  1. Quel livre venez-vous de terminer ?
  2. Que lisez-vous en ce moment ?
  3. Que lirez-vous après 

Le lundi de Delphine :

J'ai fini le livre dont vous êtes la victime de Malo de Braquilanges
Je lis le tueur intime de Claire Favan
Je lira ensuite L'école Buissonnière de Nicolas Vannier.

vendredi 23 juin 2017

Interview Portrait Chinois : Pierre-Etienne Bram


Aujourd’hui c’est Pierre-Etienne Bram, l’auteur de la saga "l’interphone ne fonctionne toujours pas" aux Editions Rebelles, dont je vous avais parlé ici (http://aubazaardeslivres.blogspot.fr/2017/04/linterphone-ne-fonctionne-toujours-pas.html) qui me fait l’honneur de s’inviter sur mon blog.

Bonjour, tout d’abord, merci Pierre-Etienne d’avoir accepté de te prêter au jeu. 
Avant de commencer à répondre aux questions, peux-tu nous parler un peu de toi ?  Peux-tu te présenter à mes lecteurs ?

Merci "keupine" (pour celles et ceux qui ne le savent pas, nous sommes tous les 2 natifs d'Orléans ^^). 
Alors, dans la vraie vie j'ai 30 ans depuis maintenant 7 ans, je suis "ingénieur informaticien", sauf que j'en ai pas trop la carrure : je suis plutôt physiquement un mélange de rockeur (pour les cheveux longs)(ça tombe bien je suis justement rockeur à mes heures perdues ^^) et d'ex sportif (je suis plutôt grand, et je porte encore sur moi les souvenirs des trop longs entraînements physiques...). 

 (moi à la page 151 de mon "tome 1")

Pour le reste, j'écris depuis des années. Dès 2006 je suis tombé dans la saga des blogs, j'en ai tenu plusieurs, tous plus anonymes les uns que les autres, avant de les fermer un par un. Assez "stable" niveau sentimental, c'est pourtant la rupture qui m'a poussé à me mettre sur un site de rencontres sur Internet, sur lequel j'ai fait la connaissance d'une charmante jeune femme, un peu spéciale, assez pour que j'en écrire un livre, qui a finalement été décliné en saga, dont le second et dernier tome est sorti en début de semaine. (disponible ici => https://www.amazon.fr/Linterphone-fonctionne-toujours-pas-Partie/dp/2365385567)

La particularité de cette romance (qui pourrait être aussi dans une collection "thriller psychologique"), c'est que c'est surtout un roman autobiographique, l'histoire d'un cauchemar que j'ai vécu, de 2010 à ... => Voir dans le tome 2 ^^. 
Le style permet au lecteur de se plonger au coeur de nos échanges (par mails ou tchat). Pour le lecteur croustillant d'anecdotes, j'ai posté des photos datant des différentes époques sur ma page facebook (www.facebook.com/pierreetiennebram). De plus, c'est une romance écrite par un mec, qui donne donc la vision de la relation amoureuse du côté "testostérone", même si je reste un mec bien trop romantique, sensible, et dans cette histoire, beaucoup trop amoureux. 
Le retour plutôt positif du tome 1 me pousse à continuer dans l'écriture, j'espère donc pousser à bien un second projet dans quelques mois, qui sera plus de type "anticipation". 
Bon, il faudra être patient car je suis du genre perfectionniste... 


Tu es libre de répondre aux questions comme tu le souhaite, en donnant des détails ou pas.

1 – Si tu étais un moyen de transport ?
Une moto. 
Je ne suis pas "motard", dans ce sens où je n'ai pas le permis, mais étant parisien, j'ai un scooter, un 3 roues pour être précis, moyen parfait pour aller d'un point A à un point B en faisant fi des bouchons. 
Je suis un peu trop "grand" pour profiter pleinement de la moto "parait-il". J'adore pourtant le côté un peu rebelle, façon "bad boy" et la beauté des belles motos sportives, le fait que chaque fois qu'on motard commence à vraiment piloter, il taquine la mort... L'ivresse de la vitesse est indescriptible, l'appel de l'adrénaline... 

2 – Si tu étais un sentiment ?
J'aimerai être l'amour, mais j'ai trop souffert de ce sentiment... Alors je vais parler du sentiment que je connais le mieux : l'angoisse. 
Pas que je l'aime, mais qu'il a façonné la totalité de ma vie, et qu'il continue de le faire, de plus en plus. Avec l'angoisse va le manque de confiance en soit, l'hésitation, tout ça. 
Je travaille beaucoup sur moi, pour ne plus avoir peur de la vie, avoir peur des réactions des autres, pour ne pas calculer chacune de mes réactions en fonction du long terme, mais juste pour vivre l'instant présent. 
Parfois ça fonctionne... Parfois, j'oublie de prendre sur moi... 
Une chance, mon physique est une bonne armure, qui me donne l'impression d'avoir confiance en moi. 
Bon si tu lis ces lignes, je suis dorénavant grillé...

3 – Si tu étais un parfum ?
Je porte relativement rarement du parfum... Je ne peux que citer le mien du coup "Boss Orange". 
Les rares fois où j'en mets, c'est mon odeur, c'est moi.

4 – Si tu étais une chanson ?
Je suis un grand fan de l'esprit rock des Guns n' roses... Mais je suis tombé amoureux de certains titres de Muse, que j'ai découvert très tardivement. 
Cette chanson "Fury", méconnue du grand public car sur un bonus track, me fait vibrer à chaque fois que je l'entends. 
Je la trouve particulièrement bien imagée sur ce clip : https://www.youtube.com/watch?v=3Xe3DzZ-alw
Elle parle de la vision très personnelle du groupe, par rapport à la religion... 

5 – Si tu étais une célébrité ?
Vaste question. 
J'ai un peu de mal avec les célébrités trop égocentriques, qui veulent que le moindre de leurs faits et gestes soit filmé... Mais certaines donnent l'impression d'être vraiment cool. 
Allez, en vrac... Will smith, Guillaume Canet par exemple. 
Par contre je ne comprends pas, je ne suis pas déjà une célébrité ? ^^ 

Merci pour tes réponses.

Dernière chose, un petit mot pour les lecteurs du blog ?
Sachez, que je vais peut-être rencontrer en chair et en os, la propriétaire de ce blog :) et promis je lui ferai de gros bisous de votre part (enfin j'espère) pour la remercier de faire des chroniques de si bonnes qualités !
Même qu'elle aura sûrement droit à un exemplaire dédicacé du tome 2, si ça l'intéresse de le lire et le chroniquer bien sûr... 

Pour information, Pierre-Etienne BRAM sera en dédicace le samedi 24 juin 2017 au France Loisirs d’Orléans de 10h30 à 13h00. 



Le livre dont vous êtes la victime - Malo de Braquilanges

Synopsis : Vous vous réveillez. Ou alors vous êtes morte.

Ouvrir le livre dont vous êtes la victime, c'est mettre votre propre vie en danger.
On vous a enlevé. Jusqu'où êtes vous prêt à aller pour vous échapper ?

Vous devrez lutter pour vous en sortir, pour tenter de reprendre le cours de votre vie. Vous connaîtrez le poids du regard des autres. Vous connaîtrez l'exclusion. Vous n'arriverez plus à dormir. Vous allez fuir, vous devrez affronter votre propre famille. Vous êtes seul. Vous devrez vous battre pour votre survie.

Ne vous y trompez pas, aujourd'hui, la victime, c'est vous. Oserez-vous ouvrir le livre dont vous êtes la victime ?


J'ai reçu ce livre en service presse via le site simplement pro. Je dois dire que le résumé m'a intrigué et j'avais très envie de découvrir ce qu'il cachait. 

Le livre dont vous êtes la victime s'ouvre sur les chapeaux roues. Une femme se réveille dans le noir, dans un endroit qu'elle ne connaît pas. A ses côtés, un jeune homme, il dit s'appeler Marcus et dit être son mari. Elle, ne se souvient de rien, ne sait même plus qui il est et si c'est homme dit vrai. Observant la pièce dans laquelle elle se trouve (une pièce nue, délabrée), elle ne le croit pas. Elle va alors tenter de s'échapper. Après avoir réussi à s'échapper, elle se réveille dans une chambre d'hopital, où on lui apprend qu'elle a été kidnappé mais que son agresseur n'a pas été retrouvé. Pourtant elle est persuadée de l'avoir tué. Que va-t'il se passer maintenant ?

Je m'arrête là pour l'histoire, je vous en ai presque trop dit. Le livre dont vous êtes la victime commence très fort, dès les premières lignes on est happé par l'histoire, et ce style particulier. En effet l'auteur s'adresse à vous. Tout le roman est écrit à la 2ème personne du pluriel. Tout au long du livre, c'est de vous dont il est question. 

J'ai littéralement dévoré ce livre, puisque je l'ai lu en une après-midi. Même si j'ai énormément aimé l'histoire et l'intrigue, j'avoue que le style m'a quelque peu dérangé à la longue. Je n'ai pas réussi à me projeter pleinement dans l'histoire, j'ai eu l'impression d'en être juste la spectatrice. Pourtant en employant ce "vous", je pense que l'auteur souhaite nous impliquer. Malheureusement, si au départ j'ai trouvé çà très original, à la longue, je dois dire que c'était pénible. 

Contrairement aux autres avis que j'ai lu sur ce roman, je ne l'ai pas trouvé long ou mou. Tout au long du roman, l'auteur laisse l'angoisse s'immiscer en vous et tout comme Léo, notre personnage principale, je me suis surprise à sursauter au son d'un bruit "suspect". Ce qui arrive à cette femme est terrible, elle vit dans l'angoisse permanente et on sent bien cette angoisse tout au long de la lecture. 

En conclusion, Le livre dont vous êtes la victime est un livre que j'ai beaucoup aimé de part son intrigue, et même si l'originalité du départ m'a quelque peu dérangée, je ne peux que vous conseiller de vous y plonger pour vous retrouver vous aussi au coeur de cette histoire. 


Dans l'ombre du Viaduc - Alain Delmas

Synopsis : Espagne, fin des années cinquante. Arnaud Madrier a l'occasion de séjourner sur les lieux mêmes où quelque vingt ans plus tôt, engagé dans les Brigades internationales, son père a mystérieusement disparu. Ce voyage représente pour lui la possibilité de comprendre enfin ce qui s'est alors passé. Mais sa venue dérange, comme si les faubourgs de Teruel résonnaient encore des événements dramatiques qui s’y sont joué autrefois. La boite de Pandore qu'il entrouvre va dévoiler des secrets qui, en quelques jours, ne tarderont pas à marquer à jamais ceux qu'il rencontre et à bouleverser leurs vies. La sienne aussi.


J'ai reçu ce livre dans le cadre d'une masse critique Babelio. J'avoue qu'au départ j'étais sceptique en le commençant.

Arnaud Madrier, part travailler à Valence pour un chantier, laissant ainsi derrière lui sa fiancée et future femme. Là-bas il rencontre Paco qui l'invite chez lui, à Teruel, pour la feria. Arnaud accepte, d'autant plus que c'est à Teruel que son père a disparu il y a plus de 20 ans. Arnaud voit alors l'occasion de percer le mystère de sa disparition. Oui mais voilà la présence d'Arnaud dérange, Teruel n'a pas oublié ce qui s'est passé ici pendant la guerre civile. Arnaud est-il en danger ? Doit-il déterrer le passé ?

Malgré mon appréhension du départ, je dois dire que j'ai beaucoup aimé ce roman. L'intrigue est vraiment bien ficelé et comme Arnaud on a envie de découvrir la vérité. L'écriture d'Alain Delmas est vraiment agréable à lire et m'a transporté à Teruel sans problème. Les descriptions tellement justes m'ont permis de m'imaginer là-bas, près du viaduc. Tellement juste que j'ai dû sauter quelques lignes lord d'une corrida, la souffrance animale étant tellement bien retranscrite. Les personnages sont vraiment bien travaillés. Arnaud m'a touché dans sa quête de vérité. Il est prêt à tout pour découvrir ce qui est arrivé à son père vingt ans plus tôt. J'ai également beaucoup aimé Paco, son ami. Lui aussi m'a touché. Quand on comprend que le destin des deux jeunes hommes est liés par un évènement terrible du passé, on s'attache d'autant plus à eux.

Dans l'ombre du viaduc est livre fort, sur le passé qui nous ronge, qui nous empêche d'avancer. Seulement vaut-il mieux l'ignorer ou connaître la vérité ? Telle est la question. D'autant plus quand l'amour s'invite dans cette histoire.

C'est un roman vers lequel je ne me serai jamais sans doute tourné, et j'avoue que c'est vraiment une belle découverte. C'est une histoire forte sur les relations, le passé, l'amour et l'amitié.




mercredi 21 juin 2017

Interview portrait chinois : Patrick Ferrer



Aujourd'hui, j'accueille Patrick Ferrer sur le blog. Fort de son succès en auto-édition avec son livre Le baiser de Pandore, Patrick Ferrer voit son livre publié par les éditions Incartade, partenaire de France Loisirs et de Chapitre.com. 

C'est donc l'occasion pour faire connaissance avec Patrick. 

Bonjour, tout d’abord, merci Patrick d’avoir accepté de vous prêter au jeu. Avant de commencer à répondre aux questions, pouvez-vous nous parler un peu de vous ? Pouvez-vous vous présenter à mes lecteurs ?

Merci de m’accueillir sur ton blog. Comme tu as été l’une des premières bloggeuses à me soutenir en tant qu’auteur auto-édité, j’ai grand plaisir à me prêter à ce jeu.
Je suis quelqu’un qui a toujours vécu entouré de livres. J’ai un lien viscéral avec les livres et la littérature. Ayant grandi en ville, je n’avais pas vraiment d’espace d’évasion et la lecture est venue suppléer à cela. Plus tard, quand je suis monté à Paris, j’ai été bouquiniste sur les quais avant de faire différents boulots dans l’édition et le marketing des livres. L’envie d’écrire était toujours là, elle me démangeait et quand la cinquantaine a approché, j’ai en quelque sorte tout largué pour me lancer dans l’aventure. Mon premier roman a fini par être un pavé de 600 pages, une œuvre quelque peu hybride dans un genre que j’appelle « noir ». Au début, aucun éditeur n’en a voulu, alors je l’ai auto-publié et j’ai eu beaucoup de chance parce qu’il a cartonné, a été finaliste de deux prix réservés aux indépendants, etc. Aujourd’hui, je m’apprête à franchir un nouveau pas, celui de devenir un écrivain édité. C’est un énorme défi mais mon roman s’est très bien débrouillé jusque-là, sans pub ni maison d’édition derrière lui, alors je lui fais confiance. 

Vous êtes libre de répondre aux questions comme vous le souhaitez, en donnant des détails ou pas. 

1 – Si vous étiez un animal ?

Je suis plutôt du genre casanier mais j’ai cette petite graine d’aventure en moi qui ne demande qu’une opportunité pour m’embarquer dans quelque entreprise périlleuse. Est-ce qu’il y a un animal qui représente cela ? Peut-être le chat parce que c’est un animal qui oscille entre sa nature domestique et sa nature sauvage. Il aime son confort mais ne cesse jamais d’être un explorateur et un chasseur, d’aller se fourrer dans des situations pas possibles où il faut appeler les pompiers. Et puis le chat n’a pas de maître. Il tient beaucoup à sa liberté. Il peut être très affectueux mais n’en fait en fin de compte qu’à sa tête. Donc je dirais un chat. Noir, je suppose. 

2 – Si vous étiez un métier ?

J’aurais aimé être brocanteur. Passer ma vie à fouiller dans les souvenirs des autres pour y dénicher des trésors. Je suis toujours fourré dans les brocantes et les vide-greniers, j’aime les objets qui ont une âme, une histoire, et même si je n’achète rien, ça me transporte toujours de me balader au milieu de tous ces témoignages d’autres vies, parfois exotiques, parfois simples et touchantes. C’est peut-être une forme d’empathie que j’éprouve pour les autres, ceux qui m’ont précédé et dont la vie s’efface doucement, comme une sorte d’écume qui reste après leur passage. 

3 –  Si vous étiez un souvenir heureux ?

Contrairement à ce que je fais dire à l’un des personnages dans mon roman, ce n’est pas la douleur qui nous forme, ni les cicatrices. Je pense plutôt que ce sont les moments de beauté, de sérénité et d’amour qui comptent le plus dans une vie. La fraîcheur d’une source en été, un sous-bois rayonnant de lumière, un champ de blé au bord de la forêt, une nuit étoilée, la douceur d’une peau ou le sourire d’un ami. La beauté d’une chanson triste. Un acte d’amour. Ce sont les choses qui restent. Ce sont ces moments-là qui nous guident. Je suis, dans une certaine mesure, tous mes souvenirs heureux. Sans eux, je ne pense pas que j’existerais. 

4 – Si vous étiez un moyen de communication ? 

Je serai bien évidemment un livre. What else ?

5 – Si vous étiez un film ?

Sans hésiter, le film qui m’a le plus marqué est Cloud Atlas des frères/sœurs (on ne sait plus) Wachowski. J’ai éclaté en sanglots en sortant du cinéma, j’ai été incapable de parler pendant plusieurs heures et bouleversé des jours durant. Le plus étrange est que je ne savais pas vraiment pourquoi. Mais cette histoire de deux êtres qui s’aiment et qui se cherchent désespérément à travers les âges a profondément résonné en moi. Ça m’a sans doute renvoyé à ma propre histoire mais je n’étais pas conscient que c’était encore si douloureux.   

Merci beaucoup Patrick, dernière chose, un petit mot pour les lecteurs du blog ? 
 
Merci de m’avoir accueilli. Je veux simplement dire que lecteurs et lectrices sont ceux et celles qui nous donnent la force de continuer en tant qu’auteurs. C’est absolument vrai. Sans eux, c’est mission impossible. Il faut une énergie énorme pour s’atteler à l’écriture d’un roman pendant un an, deux ans ou cinq et arracher à la Muse la musique des mots. Il faut également de la persévérance pour tenter de percer en tant qu’auteur sans se décourager, quels que soient les échecs. Cette énergie, ce sont les lecteurs qui nous la fournissent. Chacun d’entre eux et elles. Par le soutien à travers l’achat, bien sûr, mais aussi à travers leurs encouragements, leurs commentaires, leur présence que nous sentons au-dessus de notre épaule quand nous écrivons. L’écriture est une activité très solitaire et très sociale à la fois, parce que nous considérons chaque lecteur et lectrice comme un ami, un confident, un soutien et c’est très, très important pour nous. Donc merci à vous, c’est vous qui nous donnez vie.