jeudi 12 novembre 2020

Impact - Olivier Norek

 Synopsis : Face au mal qui se propage et qui a tué sa fille.

Pour les millions de victimes passées et les millions de victimes à venir.

Virgil Solal entre en guerre, seul, contre des géants.

 

 Si vous me suivez depuis un petit moment, vous le savez déjà, Olivier Norek fait partie des auteurs que j'affectionne profondément. Aussi, lorsque Nicolas, libraire à la Tasse d'Encre, m'a proposé de le lire en avant première pour partager mon avis, vous vous doutez bien que j'en ai été plus que ravie. Me revoilà donc repartie de la librairie avec une épreuve non corrigée sous le bras et le sourire aux lèvres. J'avais une lecture en cours à terminer avant de pouvoir me plonger dans ce nouveau roman d'Olivier Norek. La 4ème de couverture est vague, mais accrocheuse, alors ni une ni deux, dès que possible je me plonge dans Impact. 

 Avant de vous parler d'Impact, je dois vous dire qu'il est bien différent de ses autres romans. On est loin du 93 ou bien de la junge de Calais. Ce qui fait d'Olivier Norek un grand auteur, c'est justement ce nouveau roman, avec lequel il prend un risque fou, le risque de perdre quelques lecteurs en route pour parler d'un sujet qui lui tient à coeur, et qui, si nous sommes également un peu sensible, nous tient aussi à coeur. Avec Impact, Olivier va nous surprendre avec ce roman, mais rassurez-vous on retrouve ce que j'aime tant chez Olivier : sa plume emplie de justesse, d'émotions et de colère. 

 Impact c'est quoi ? C'est d'abord un roman aux antipodes de ce qu'Olivier Norek nous a déjà proposé. Débutant comme un excellent thriller, le roman prend rapidement un virage à 360 degrés pour nous entraîner dans le combat d'un homme : Virgil Solal. Cet homme, brillant militaire, a perdu sa fille à la naissance. Il disparait de la circulation. Pour réapparaître plusieurs années plus tard pour alerter la population sur le mal qui la ronge de manière brutale.

Impact c'est l'histoire de David contre Golliath, c'est le petit qui veut se battre contre les plus grandes puissances mondiales. Pourquoi me direz-vous ? Pour une cause des plus nobles : le climat. Virgil veut alerter la population sur les causes et les conséquences du réchauffement climatique. Il veut faire prendre conscience de ce qui arrivera si on ne fait rien. Virgil a perdu son unique enfant à cause de la pollution entre autre, et il veut que les gens comprennent ce qui est en train de se jouer sous nos yeux.  Pour cela, il n'ira pas par quatre chemins, il frappera fort, là où ça fait mal.  Mais Virgil Solal n'est pas un meurtrier, il n'est pas le monstre qu'on voudrait faire croire. Virgil Solal veut croire en un avenir meilleur. Et même si pour cela, il doit employer des manières fortes, voire presque terroristes.

 

Je m'arrête là, vous en ayant déjà bien trop dit. Alors comment faire pour vous donner mon ressenti sur Impact ? Comment faire, parce que je suis ressortie de ma lecture tellement mitigée. Alors c'est à un exercice difficile que je me prête. Parce que oui j'ai adoré Impact et je l'ai littéralement dévoré. Oui, mais... (parce qu'il y a un mais). En fait, Surface avait été un tel coup de coeur que j'attendais vraiment beaucoup du prochain roman d'Olivier. Et tout à fait honnêtement, même si le sujet est d'actualité et très prenant, je ne m'attendais pas du tout à cela en l'ouvrant. En fait, je crois tout simplement que je n'étais pas préparée à cela.  Alors oui Virgil Solal est un personnage fort, mais on est à mille lieux de Coste ou Chastain... Pour tout vous dire, j'ai trouvé le personnage de Diane bien plus intéressant à mon sens. (je vous laisse découvrir qui est Diane bien entendu). Et puis, Autre bémol : la seconde partie du roman, bien qu'utile au déroulement de l'histoire, m'a un peu perdue en cours de route. 

Alors me direz-vous, comment peux-tu dire que tu as aimé ce roman ? Oui en effet, j'ai aimé ce roman, parce que malgré tout, en le refermant, il y a une prise de conscience qui s'opère, il y a un espoir des lendemains meilleurs qui se laisse entrevoir. Et puis, comme je le disais plus haut il y a cette plume, ce style : le style Norek ! On a le sentiment qu'avec ce roman, Olivier Norek souhaite simplement nous informer d'une situation telle qu'elle est. A vous de voir si ensuite vous avez envie de subir ou de changer les choses. Parce qu'on peut changer les choses, on peut changer la tendance et agir pour le climat, encore faut-il le vouloir ?

En conclusion, je dirai qu'Impact ne sera pas mon roman préféré d'Olivier Norek, mais qu'il a quand même réussi un pari fou : celui de se réinventer, de sortir de sa zone de confort et rien que pour cela il mérite qu'on lui accorde toute l'attention et la bienveillance du lecteur.

Et vous alors ? Vous avez lu Impact ? Vous l'avez aimé ? Adoré ? Et si vous ne l'avez pas lu, qu'attendez-vous ? En attendant, moi j'ai acheté mon exemplaire, et j'attends avec impatience l'occasion de le faire dédicacer à Olivier. 

Et je finirai ma chronique avec une petite question (la même qu'à la fin de ma chronique de Surface) : Olivier, à quand une rencontre entre Coste et Chastain ?


Impact est disponible aux Editions Michel Lafon. 




 

mercredi 11 novembre 2020

Urbex Sed Lex - Christian Guillerme

Synopsis : Contre une belle somme d'argent, quatre jeunes passionnés d'urbex sont mis au défi de passer une nuit dans un sanatorium désaffecté.
Ils vont relever le challenge, mais, une fois sur place, ils vont se rendre compte qu'ils ne sont pas seuls dans cet immense endroit abandonné…
Et très vite comprendre qu'ils n'auraient jamais dû accepter cette proposition.
JAMAIS ! 

 

Je continue tout doucement de rattraper mon retard de chronique avec ce livre que j'ai lu pendant mes vacances d'été.

C'est dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Taurnada que j'ai reçu ce livre. Si vous me suivez, vous savez que je suis rarement déçue par leur publication. Pour moi c'est une des meilleures maison d'édition pour le polar - thriller. Alors voyons voir si Urbex sed Lex suivra le même chemin. 

 Dans Urbex sed Lex, nous faisons la connaissance de deux jeunes couples amis et passionnés d'Urbex (pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c'est le fait d'explorer des lieux désaffectés et laissés à l'abandon). Ils partent les week-ends en exploration et alimentent ensuite leur site internet dédié à l'Urbex. Aussi, lorsqu'ils reçoivent un mail leur proposant de passer une nuit dans un sanatorium désaffecté contre une belle somme d'argent, les réactions ne sont pas unanimes. Si certains hésitent, d'autres se disent que cette récompense serait la bienvenue. Après une discussion où chacun a exposé ses craintes, ses doutes et ses arguments, ils finissent par accepter. Cependant, n'étant pas novices en la matière, ils vont alors préparer au mieux leur expédition. Une fois arrivés sur les lieux, nos quatre protagonistes vont rapidement se rendre compte que c'était un piège et qu'ils n'auraient pas dû relever ce défi. 

Voilà l'histoire posée, et autant vous le dire tout de suite, Urbex sed lex est un véritable coup de coeur ! Je ne connaissais pas du tout Christian Guillerme, et ce fût une superbe découverte. Au début du roman l'écriture est enlevée, enjouée et on se dit que ça va être sympa à lire. Puis petit à petit, au fil des pages, il va faire monter la tension et nous happer complétement dans son histoire. Dès lors vous n'aurez plus envie de lâcher le livre. Et surtout, le climat angoissant et flippant de ce lieux désaffecté pèse encore plus sur vous. Personnellement même si bien entendu j'ai rapidement compris l'enjeu de ce défi proposé, j'ai vraiment beaucoup aimé la mise en scène. En effet, on comprend très vite le piège tendu et on se doute bien que ça va être compliqué pour nos protagonistes de s'en sortir. Néanmoins on espère, on se prend à jubiler lors d'un exploit contre l'ennemi (ahahahaha prends çà dans les dents ^^) et bien entendu on espère surtout que tout se passera bien pour eux, même si cela semble vraiment être compromis au vu de l'entraînement de ceux qui les ont attirés dans cet endroit.

Le seul petit bémol que j'aurai c'est concernant les personnages principaux. J'ai difficilement pu m'attacher à ces deux couples. Il m'a manqué un petit "je ne sais quoi" pour y parvenir. Néanmoins, cela n'a absolument pas gâché ma lecture, bien au contraire. 

 Donc en conclusion, Urbex sed lex est un roman que j'ai vraiment aimé lire. J'ai beaucoup aimé le style de Christian Guillerme, du coup je vais probablement me pencher sur son premier roman La corde de Mi. 

 Alors, à vous de voir si vous avez envie d'aller vous promener en sa compagnie dans un sanatorium désaffecté. 

 





 



mercredi 4 novembre 2020

L'Abbaye blanche - Laurent Malot

 Synopsis : À Nantua, dans le Jura, le lieutenant Gange élève seul sa fille de six ans. Gaëlle, sa femme, les a quittés sans donner de raison.

Quand deux meurtres se produisent la même semaine dans ce coin du Jura où il ne se passe « jamais rien », Gange est entraîné dans une enquête explosive. Il s’oriente peu à peu vers l’Abbaye blanche, une secte particulièrement dangereuse, en cheville avec des notables locaux. Entre trafic d’art, âmes perdues et intervenants haut placés dans l’appareil d’État, il démêle peu à peu les fils et prend la mesure de l’iceberg qui se dresse devant lui. Les enjeux le dépassent, mais sa femme est peut-être victime de l’Abbaye blanche...

 J'ai rencontré Laurent Malot lors du salon du livre de Nemours en janvier. L'abbaye blanche fait partie des trois livres que je lui ai achetés. J'ai ensuite profité du confinement de mars - avril pour le lire. Et comme vous le constatez je n'en fait la chronique qu'aujourd'hui. Tout simplement parce que depuis ce confinement mon rythme de lecture a été assez bouleversé, et mon envie de rédiger des chroniques également. Je me force donc cette fois à rédiger mes chroniques de retard. Pour la lecture c'est autre chose. 


Dans l'Abbaye Blanche nous faisons la connaissance du lieutenant Gange qui vit dans un petit village du Jura avec sa fille. Sa femme est partie un jour sans raison. Dans ce petit village d'habitude si paisible, lorsque deux meurtres arrivent la même semaine, cela met tout le monde en ébullition. Alors le lieutenant va devoir enquêter bien et rapidement. Surtout qu'une journaliste semble en savoir plus que lui. Il va alors pactiser avec elle et les voilà tous les deux lancés sur les traces des tueurs. L'enquête va les mener rapidement à l'Abbaye blanche une secte assez puissante du coin. 

Je m'arrête là pour l'histoire. J'ai dévoré ce livre en 2 jours, une fois commencé, impossible de le lâcher. J'ai aimé le rythme soutenu un peu comme dans une série policière télévisée. Pas de répit pour le lecteur, on va de surprise en surprise, ne sachant plus où donner de la tête. En effet, rapidement les politiques vont se mêler de l'enquête et la secte ne va bien évidemment pas se laisser démasquer comme cela. C'est alors que nous, simple petit lecteur on ne va plus savoir quoi penser, ni à qui faire confiance. Aussi j'ai fait le choix de faire confiance au lieutenant... Ai-je eu raison ? Je ne vous le dirai pas, vous le saurez en lisant l'Abbaye Blanche 

 L'intrigue est particulièrement bien ficelée et maitrisée par Laurent Malot. Autre point très positif : les dialogues ! On retrouve un peu d'Audiard dans ce livre, et beaucoup d'humour. Et cela permet de relâcher un peu la pression de l'enquête. 

En conclusion, l'Abbaye Blanche est un très bon polar, où la part belle est faite à l'intrigue, et avec des personnages parfois hauts en couleur mais terriblement authentiques. 

 


 




 

 

 

 

mercredi 23 septembre 2020

La mélancolie du kangourou - Laure Manel

Synopsis : Alors qu'il s'apprête à vivre le plus beau moment de sa vie avec la naissance de sa fille, Antoine est confronté au plus horrible des drames : la mort de sa femme durant l'accouchement. Anéanti par la perte de celle qu'il aimait plus que tout, Antoine a du mal à créer du lien avec son bébé jusqu'à ce qu'il embauche Rose, une pétillante jeune femme à l'irrésistible joie de vivre, pour s'occuper du nourrisson.

Parviendra-t-elle à aider Antoine à se révéler comme père et à se reconstruire ?

 

De Laure Manel j'avais lu et adoré La délicatesse du homard. Aussi lors d'une mes visites dans ma librairie préférée "La Tasse d'Encre" à La Ferté Saint Aubin, je n'ai pas hésité à me procurer un nouveau titre de Laure. 

 A la lecture de la quatrième de couverture, on se doute que l'histoire va être touchante. Ce n'est rien de le dire !

La mélancolie du kangourou c'est l'histoire d'Antoine, et de sa femme qui s'apprêtent à devenir parents pour la première fois. La grossesse se passe à merveille mais lors de l'accouchement, Antoine va vivre un drame. En effet, sa femme va mourir en couche. Il se retrouve alors seul avec un bébé dont il ne sait quoi faire. N'arrivant pas à s'occuper de cette petite fille, il va alors engager Rose, une jeune fille dynamique pour pallier à son absence. Rose va alors prendre son rôle très à coeur, et va apporter à ce bébé tout l'amour et toute l'attention possible. Malgré cela Antoine va s'enfoncer dans la déprime.

 Honnêtement j'ai adoré ce roman. La mélancolie du kangourou est une histoire forte en émotions, et même si la fin est prévisible, on prend plaisir à découvrir comment Rose va réussir à apprivoiser Antoine et élever cette petite fille. Rose est une personnalité des plus attachantes, elle est entière et va donner beaucoup de sa personne. Antoine, quant à lui est terriblement malheureux, et on comprend sa souffrance. Alors qu'il pensait vivre le moment le plus heureux de sa vie, il va vivre un vrai cauchemar. 

 L'écriture de Laure est simple et touchante. Elle sait choisir les mots justes pour faire passer les émotions et ça fonctionne plutôt bien. 

 En conclusion, La mélancolie du kangourou est un roman à découvrir, avec une histoire des plus touchantes.

 



 

dimanche 6 septembre 2020

La cave aux poupées - Magali Collet

SynopsisManon n’est pas une fille comme les autres, ça, elle le sait depuis son plus jeune âge. En effet, une fille normale ne passe pas ses journées à regarder la vraie vie à la télé. Une fille normale ne compte pas les jours qui la séparent de la prochaine raclée monumentale… Mais, par-dessus tout, une fille normale n’aide pas son père à garder une adolescente prisonnière dans la cave de la maison.

 

 C'est dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Taurnada que j'ai reçu ce livre. Comme vous le savez en règle générale, j'aime beaucoup ce que propose cette maison d'édition. 

La cave aux poupées c'est l'histoire de Manon qui vit seule avec son père. Enfin vivre est un bien grand mot. Manon ne sort pas de chez elle, doit faire le ménage, la lessive, le repassage, préparer les repas et prendre soin des "pensionnaires". Manon est une jeune femme de 22 ans mais qui en a 12 dans sa tête. Elle ne connaît rien d'autres que la maison dans laquelle elle vit. Elle subit au quotidien les violences de ce père qui la séquestre. Mais pour Manon, c'est son quotidien alors elle continue de faire ce qu'il lui demande. Jusqu'au jour où une nouvelle "poupée" fait son apparition à la cave, une poupée qui se prénomme Camille. et cette arrivée pourrait bien chambouler le quotidien de Manon.


Avec la cave aux poupées, Magali Collet signe là son premier roman. Et franchement pour un premier roman elle frappe fort, très fort même ! Ce livre est glauque à souhait, elle nous livre une ambiance noire et pesante. Mais là où Magali Collet fait fort c'est qu'elle réussit à nous faire apprécier cette Manon. Pourtant même si dans cette histoire Manon est une victime, elle applique quand même parfaitement les consignes du bourreau. Alors oui, on pourra dire qu'elle a été conditionnée, n'a connu que la violence et que bien évidemment, elle n'a pas pu faire autrement. Mais quand même, parfois Manon apparaît tellement froide qu'on arrive à la détester. Mais au fil des pages, on finit par lui trouver des circonstances atténuantes, certaines scènes avec son père nous font la prendre en pitié. Cela m'avait fait la même chose avec Marianne du livre "Meurtres pour rédemption" de Karine Giebel. Manon fait partie de ces héroïnes qu'on prend en pitié et pour laquelle on finit par éprouver de l'empathie. Et à partir de ce moment là vous n'avez plus qu'une idée en tête : que l'issue du roman lui soit favorable. 

La cave aux poupées est un excellent huit clos qu'il ne faut pas laisser entre toutes les mains. En effet certaines scènes sont parfois éprouvantes. Même si elles sont plutôt suggérées et non pas décrites en détail, on comprend parfaitement ce qu'il en est. 

 En conclusion, je ne peux que vous conseiller ce roman si vous aimez les ambiances glauques, mais attention à la claustrophobie ! 

 


 




 

dimanche 16 août 2020

La machine à brouillard - Tito Desforges

 Synopsis : Mac Murphy est un soldat d'élite. Mac Murphy est fort. Mac Murphy est dur. Mac Murphy est fou. Mac Murphy trimbale dans sa tête une épouvantable machine à brouillard qui engloutit ses souvenirs, sa raison et l'essentiel de son âme, morceau après morceau.
Quand les habitants de Grosvenore-Mine, ce village perdu dans les profondeurs de l'Australie, se hasardent à enlever la fille de Mac Murphy, ils ne savent pas à quel point c'est une mauvaise idée.
Une époustouflante plongée dans l'amour d'un père pour sa fille et dans les tréfonds de la démence d'un homme. Inlâchable. Attention : cauchemar.

 

 C'est dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Taurnada que j'ai lu ce livre.

 

Mac Murphy est un ancien soldat d'élite. Alors qu'il est en road-trip avec sa fille Louise, celle-ci disparaît à Grosvenore-Mine en Australie. Mac Murphy n'a alors qu'une idée en tête : retrouver sa fille. Et les réflexes de son ancienne activité vont se réveiller, tous les moyens seront bons pour retrouver sa fille et ceux qui l'ont enlevée. 

Commencer La machine à brouillard c'est plonger dans un road-trip infernal. C'est découvrir un homme malade, dont les souvenirs s'effacent petit à petit. C'est découvrir l'amour d'un père pour sa fille. 

Le récit est alterné avec des compte-rendus d'entretien avec un psychologue qui essaie de savoir ce qu'il s'est réellement passé à Grosvenore-Mine. Au départ, c'est un peu troublant parce qu'on ne comprend pas bien où cela va nous mener. Puis, au fil des pages, on commence à comprendre. On comprend surtout que Mac Murphy souffre dans sa tête et dans son corps. Tito Desforges nous entraîne dans les tréfonds de la romance et il le fait avec brio. Au fur et à mesure que les pages se tournent, l'angoisse monte, vous oppresse et vous sentez bien qu'il va se passer un truc pas clair. Mais c'est au-delà de ce que j'ai pu imaginer. 

Le rythme du bouquin est intense et violent. Page après page on s'enfonce dans le désespoir de Mac Murphy. Ce désespoir qui va le pousser aux pires atrocités.

En refermant La machine à brouillard, je me suis sentie mal. Mal pour Mac Murphy, un personnage d'une rare violence mais qui vous touche au plus profond de votre être. Tito Desforges signe là un excellent thriller psychologique et nous montre jusqu'où la folie peut nous emmener. 

En conclusion, c'est un gros coup de coeur pour La machine à brouillard, un excellent page-turner ! Ames sensibles s'abstenir.

 

 


 

vendredi 8 mai 2020

Un petit peu de blabla

En venant sur mon blog, je me suis rendue compte que mon dernier article date du 29 mars... Autant vous dire que c'est très difficile pour moi de reprendre la plume. Je n'ai pas écrit une seule ligne depuis. Alors oui le confinement y est pour beaucoup. Nous sommes tous ensemble à 5, avec les devoirs des enfants à assurer à des niveaux différents (CE2, CM2 et 3ème). Alors bien évidemment il a fallu réapprendre à vivre tous ensemble parce qu'il faut bien le dire avec notre vie de dingue on ne savait plus faire. Je ne vous cache pas qu'au début ça été vraiment difficile. Dans la famille nous avons tous des caractères bien trempés, alors ajoutez à cela le stress du confinement et la fermeture de notre restaurant, vous obtenez ainsi un mélange diaboliquement explosif. Et puis les choses se sont doucement tassées. Chacun a pris ses marques, on a trouvé notre rythme de croisière, et aujourd'hui, je peux le dire, le confinement s'est bien passé. 

Ensuite il a fallu prendre la décision de remettre ou pas nos enfants à l'école. Ce n'est pas une décision facile à prendre, il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises décisions. Nous, on a décidé de choisir celle qui nous paraissait la plus appropriée, et on a fait le choix de ne pas les remettre à l'école et donc de continuer  l'école à la maison. 

Enfin, il reste l'incertitude quant à la réouverture probable des cafés, bars, restaurants. Bien sûr qu'on aimerait pouvoir ouvrir le plus rapidement possible, parce que c'est notre gagne-pain, notre seule source de revenus. Mais c'est aussi très anxiogène avec ce virus qui court toujours. Alors personnellement je ne cracherai pas dans la soupe, car il faut bien l'avouer, le gouvernement nous a bien aidé avec l'aide mensuelle de 1500 euros mais surtout avec l'annulation des charges sociales. C'est un soulagement même si la situation restera critique de longs mois je le pense. 
Il va falloir revoir toute notre organisation, nos méthodes de travail. Même si dans la restauration, il va de soi que l'hygiène est au coeur de nos préoccupations. Mais il va falloir être encore plus vigilants et faire attention aux gens et à soi. Mais ce que je retiens surtout c'est les messages de soutiens que l'on a reçu de la part de nos clients. Et je dois dire que ça fait vraiment chaud au coeur. Alors pour le moment, nous patientons et nous allons observer ce qui va se passer autour de nous à partir du 11 mai, date du déconfinement.

En ce qui concerne le déconfinement, je vais rester hyper vigilante. Personnellement, je continuerai de ne recevoir personne, je n'irai pas chez les gens non plus. Je ne vous cache pas que ce déconfinement me fait bien plus flipper que le confinement en lui-même. Et je sais, pour avoir échanger sur Twitter avec certains, que je ne suis pas la seule. Malheureusement j'ai bien peur que les gens reprennent très rapidement leurs habitudes d'avant. Non pas que je n'ai pas confiance, mais je sais très bien que le dicton "chassez le naturel, il revient au galop" est particulièrement vrai. Je souhaite vraiment qu'il y ait chez certains une vraie prise de conscience, mais je n'y crois pas trop. On en reparlera dans quelques mois...

Bref, tout çà pour dire que j'ai énormément de chroniques en retard, au moins une dizaine. Mais bon comme depuis 3 semaines, je n'ai pas lu une ligne, je devrai pouvoir rattraper mon retard, puisque déjà j'arrive à aligner plus de 3 mots. Chose que je n'arrivais pas encore hier.

En attendant, je vous dirai de continuer à prendre soin de vous, de bien faire attention aux gestes barrières et de rester chez vous le plus possible. On a le temps pour reprendre une vie sociale active. Et quand on pourra à nouveau vivre "normalement", n'oubliez pas les petits commerces, les personnels soignants, les routiers, les caissières, les éboueurs, toutes ces personnes qui ont été en première ligne pendant ces semaines véritablement angoissantes pour la plupart d'entre nous. Et puis à tous les amoureux des livres, pensez à aller dans vos librairies, y'a plein de supers sorties de prévues, et ils vont vraiment avoir besoin de nous ces prochaines semaines. 

Allez, prenez soin de vous. 





dimanche 29 mars 2020

Le bruit de la soie - Sonia Velton

Synopsis : 1768. Londres. Quand Esther Thorel, l'épouse d'un maître soyeux huguenot, sauve Sara Kemp des griffes d'une mère maquerelle, elle pense accomplir la volonté de Dieu.Mais Sara, loin d'être reconnaissante, se lasse bientôt de sa nouvelle vie de domestique au sein de la grande demeure du quartier de Spitafields, où retentit la cadence des métiers à tisser. La relation des deux femmes se trouble peu à peu, et Sara se met en tête de découvrir ce qui préoccupe Esther.
Car la maîtresse de maison a un secret: elle dessine depuis toujours et rêve que son mari, Elias, la laisse créer des motifs pour ses soieries. Lorsque celui-ci balaye ses projets d'un refus moqueur, Esther va involontairement bouleverser le destin du foyer...
Sonia Velton tisse une histoire où l'ambition, l'amour et la trahison se mêlent sur fond de révolte ouvrière et de bouleversements sociaux.


Lorsque les éditions Préludes m'ont proposé ce roman, j'ai tout de suite accepté. En effet, j'avais déjà vu passé ce roman sur les réseaux sociaux, et déjà rien que la couverture m'avait conquise. Et puis, en règle générale, les éditions Préludes offrent toujours de très beaux moments de lecture.

Le bruit de la soie c'et l'histoire de Sara Kemp, jeune fille de campagne qui débarque à Londres en 1768. Elle ne connaît personne, et est un peu perdue. Elle va alors tombée dans les griffes d'une mère maquerelle et va se retrouver enfermée dans une maison close. Mais un jour sa route va croiser celle d'Esther Thorel l'épouse d'un maître soyeux. Esther va sortir Sara de la maison close et la prendre en tant que femme de chambre. Dès lors la relation entre les deux femmes va se complexer, et la tension au sein du foyer vont se faire sentir. Sara va tenter de découvrir ce que cache Esther. Car Esther cache en effet quelque chose : sa passion pour le dessin et la soie. Seulement, c'est un métier d'hommes et son mari ne cesse de lui rappeler. Mais Esther est prête à tout, même à demander en cachette à l'apprenti de son mari de tisser ses dessins.

Je m'arrête là pour l'histoire. Quelle magnifique histoire que celle de Sara et d'Esther ! J'ai eu un véritable coup de coeur pour ce roman. Les chapitres alternent avec  les points de vue des deux femmes. Sara qui était arrivée toute perdue de sa campagne va rapidement montrer son caractère dès qu'elle sera dans le foyer des Thorel. Alors qu'on pourrait croire qu'elle se montrera reconnaissante à Esther de l'avoir sortie de la maison close, il en est tout autrement. En effet, pour Sara, ce n'est pas mieux de se retrouver femme de chambre. Elle rêve de mieux, de beaucoup mieux, et se sent prête à tout pour parvenir à ses fins. Mais lorsque gronde la menace des ouvriers de la soie envers les maîtres soyeux, l'étau va se refermer sur les deux femmes.

Avec Le bruit de la soie, Sonia Velton nous livre un premier roman tout en finesse. Les personnages sont habilement travaillés et les alternances de point de vue donnent un bon rythme à la lecture. L'intrigue se dévoile doucement pour finir en apothéose. Une fin dans laquelle les personnages vont vraiment se dévoiler.

En conclusion j'ai vraiment adoré ce roman. L'ambiance de l'Angleterre du 18ème siècle est bien retranscrite et Sonia Velton montre bien le clivage entre hommes et femmes. Pour moi Esther Thorel fait partie de ses grands personnages de roman qui nous marquent. Sincèrement Sonia Velton m'a fait vibrer avec ses mots et je ne peux que vous recommander chaudement Le bruit de la soie.





jeudi 26 mars 2020

La vie à fleur de terre - Maud Tabachnik

Synopsis : Crâne rasé et santiags, Lucas est un paumé des temps modernes, caïd d'une bande de bras cassés qu'il méprise, lui c'est la vie qui l'a cassé.

Sur son chemin, il rencontre une aveugle et un nain qui vont effacer sa part d'ombre mais, quand ses potes tuent un Black pour le plaisir, il comprend qu'il doit fuir son destin.

Dans cette cavale, il va rencontrer ce qu'il y a de meilleur et de pire chez l'homme, et le bout du tunnel restera longtemps inaccessible.


J'ai reçu ce livre il y a très longtemps (trop longtemps) de la part des Editions de Borée. Il était enfouis sous ma PAL et en cherchant quoi lire, je l'ai retrouvé. J'ai donc décidé de me plonger dedans. 

La vie à fleur de terre, c'est l'histoire de Lucas, jeune de banlieue qui traîne avec sa bande de skin. Crâne rasé et santiags aux pieds, il arpente les rues le soir avec ses potes. Mais lorsqu'un soir, une altercation tourne mal et que ses potes tuent un homme noir pour le plaisir, il comprend alors que sa vie va rapidement être en danger. Aussi il va décider de prendre la fuite, non sans emmener avec lui, celle qu'il aime plus que tout : Mabel. Commence alors une fuite, une vraie chasse à l'homme. Lucas s'en sortira-t-il vivant ? 

La vie à fleur de terre est le tout premier roman de Maud Tabachnik, réédité par les éditions de Borée. Je ne connaissais absolument pas l'auteure, et pour le coup, après ma lecture, je me dis que je suis passée à côté de quelque chose. 

Maud Tabachnik nous lance au visage tout ce qu'il y a de plus noir chez l'être humain : la xénophobie, le racisme et la violence gratuite. Lucas est imprégné de toute cette violence. Mais lorsque ses amis tuent pour le plaisir, il va prendre conscience du mal. Alors il va décider de s'enfuir. Il rêve de refaire sa vie avec celle qu'il aime. Elle est aveugle mais ressent tellement de choses, et surtout elle ne le juge pas. Elle l'aime comme il est, et pour Lucas c'est une première. Alors, pour elle, pour lui, il veut un avenir meilleur, loin de toute cette violence, mais son passé ne le laissera pas tranquille. 

Dans la vie à fleur de peau c'est cette cavale qu'on va suivre, retenant son souffle à chaque page. Espérant même secrètement qu'ils réussissent à s'en sortir. Oubliant alors le passé de Lucas et ses idées extrémistes. On ne peut que ressentir de l'attachement face à Lucas qui est né "au mauvais endroit, au mauvais moment". 

La vie à fleur de peau est un polar très noir qui  nous montre bien les travers de la société, les vices de la politique. 


jeudi 19 mars 2020

Surface - Olivier Norek

Synopsis : Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police. Là-bas, ni même personne ne veut de son enquête.


Ahhh Olivier Norek ! Est-il encore nécessaire de vous le présenter ? Est-il encore nécessaire de vous dire que c'est mon auteur chouchou ? Non je ne pense pas. Je vais vous épargner cela.

Surface... Je dois dire que je ne voulais pas le lire, parce qu'une enquête sans Victor Coste c'est un peu comme Paris sans la Tour Eiffel... Mais je sais qu'Olivier Norek sait nous surprendre nous lecteurs, et je lui fais entièrement confiance. 

Noémie, jeune capitaine de police se fait tirer au visage en pleine intervention qui tourne mal. Après plusieurs semaines de soin, elle se sent prête à reprendre le boulot, mais sa hiérarchie va en décider autrement. Plus personne ne veut d'elle ici. On va alors gentiment l'expédier au fin fond de l'Aveyron. Là-bas, elle va elle va rapidement s'apercevoir qu'on ne va pas d'elle non plus. Surtout lorsqu'elle va déterrer une vieille enquête. 

Stop pour l'histoire ! Olivier Norek réussit une fois de plus avec brio à me surprendre. Dès les premières pages on est lié corps et âmes avec Noémie ! La souffrance tant physique que psychologique font qu'on s'attache très rapidement à elle. Alors qu'elle était une capitaine de police respectée de tous, elle va devenir une vraie pestiférée. Mise au placard, elle va avoir envie de jeter l'éponge, mais une enquête va lui faire sortir de l'eau. 

Franchement, pour moi, Surface est le meilleur roman de l'auteur. Les mots justes sont choisis pour nous faire ressentir diverses émotions. Et cette Noémie, No ! Quelle belle personne. Je l'aime d'amour !! Quelle force de caractère et quelle beauté intérieure ! C'est une femme forte, brisée, mais forte. Et elle va, à travers son enquête, trouver la force de se reconstruire,  non sans mal bien évidemment. No, c'est un peu un animal sauvage qu'il faut apprivoiser avec patience, et persévérance. 

L'intrigue en elle-même est également bien travaillée, ce qui fait de Surface un page-turner d'une rare efficacité. Alors moi je ne vous dirai qu'une chose, jetez-vous sur ce livre (disponible depuis peu en poche chez Pocket éditions), vous ne le regretterez pas.

Et si vous ne l'aviez pas compris, Surface est pour moi un énorme coup de coeur.

Je finirai ma chronique avec une question pour Olivier : à quand une enquête menée par Victor & No ?