dimanche 29 mars 2020

Le bruit de la soie - Sonia Velton

Synopsis : 1768. Londres. Quand Esther Thorel, l'épouse d'un maître soyeux huguenot, sauve Sara Kemp des griffes d'une mère maquerelle, elle pense accomplir la volonté de Dieu.Mais Sara, loin d'être reconnaissante, se lasse bientôt de sa nouvelle vie de domestique au sein de la grande demeure du quartier de Spitafields, où retentit la cadence des métiers à tisser. La relation des deux femmes se trouble peu à peu, et Sara se met en tête de découvrir ce qui préoccupe Esther.
Car la maîtresse de maison a un secret: elle dessine depuis toujours et rêve que son mari, Elias, la laisse créer des motifs pour ses soieries. Lorsque celui-ci balaye ses projets d'un refus moqueur, Esther va involontairement bouleverser le destin du foyer...
Sonia Velton tisse une histoire où l'ambition, l'amour et la trahison se mêlent sur fond de révolte ouvrière et de bouleversements sociaux.


Lorsque les éditions Préludes m'ont proposé ce roman, j'ai tout de suite accepté. En effet, j'avais déjà vu passé ce roman sur les réseaux sociaux, et déjà rien que la couverture m'avait conquise. Et puis, en règle générale, les éditions Préludes offrent toujours de très beaux moments de lecture.

Le bruit de la soie c'et l'histoire de Sara Kemp, jeune fille de campagne qui débarque à Londres en 1768. Elle ne connaît personne, et est un peu perdue. Elle va alors tombée dans les griffes d'une mère maquerelle et va se retrouver enfermée dans une maison close. Mais un jour sa route va croiser celle d'Esther Thorel l'épouse d'un maître soyeux. Esther va sortir Sara de la maison close et la prendre en tant que femme de chambre. Dès lors la relation entre les deux femmes va se complexer, et la tension au sein du foyer vont se faire sentir. Sara va tenter de découvrir ce que cache Esther. Car Esther cache en effet quelque chose : sa passion pour le dessin et la soie. Seulement, c'est un métier d'hommes et son mari ne cesse de lui rappeler. Mais Esther est prête à tout, même à demander en cachette à l'apprenti de son mari de tisser ses dessins.

Je m'arrête là pour l'histoire. Quelle magnifique histoire que celle de Sara et d'Esther ! J'ai eu un véritable coup de coeur pour ce roman. Les chapitres alternent avec  les points de vue des deux femmes. Sara qui était arrivée toute perdue de sa campagne va rapidement montrer son caractère dès qu'elle sera dans le foyer des Thorel. Alors qu'on pourrait croire qu'elle se montrera reconnaissante à Esther de l'avoir sortie de la maison close, il en est tout autrement. En effet, pour Sara, ce n'est pas mieux de se retrouver femme de chambre. Elle rêve de mieux, de beaucoup mieux, et se sent prête à tout pour parvenir à ses fins. Mais lorsque gronde la menace des ouvriers de la soie envers les maîtres soyeux, l'étau va se refermer sur les deux femmes.

Avec Le bruit de la soie, Sonia Velton nous livre un premier roman tout en finesse. Les personnages sont habilement travaillés et les alternances de point de vue donnent un bon rythme à la lecture. L'intrigue se dévoile doucement pour finir en apothéose. Une fin dans laquelle les personnages vont vraiment se dévoiler.

En conclusion j'ai vraiment adoré ce roman. L'ambiance de l'Angleterre du 18ème siècle est bien retranscrite et Sonia Velton montre bien le clivage entre hommes et femmes. Pour moi Esther Thorel fait partie de ses grands personnages de roman qui nous marquent. Sincèrement Sonia Velton m'a fait vibrer avec ses mots et je ne peux que vous recommander chaudement Le bruit de la soie.





jeudi 26 mars 2020

La vie à fleur de terre - Maud Tabachnik

Synopsis : Crâne rasé et santiags, Lucas est un paumé des temps modernes, caïd d'une bande de bras cassés qu'il méprise, lui c'est la vie qui l'a cassé.

Sur son chemin, il rencontre une aveugle et un nain qui vont effacer sa part d'ombre mais, quand ses potes tuent un Black pour le plaisir, il comprend qu'il doit fuir son destin.

Dans cette cavale, il va rencontrer ce qu'il y a de meilleur et de pire chez l'homme, et le bout du tunnel restera longtemps inaccessible.


J'ai reçu ce livre il y a très longtemps (trop longtemps) de la part des Editions de Borée. Il était enfouis sous ma PAL et en cherchant quoi lire, je l'ai retrouvé. J'ai donc décidé de me plonger dedans. 

La vie à fleur de terre, c'est l'histoire de Lucas, jeune de banlieue qui traîne avec sa bande de skin. Crâne rasé et santiags aux pieds, il arpente les rues le soir avec ses potes. Mais lorsqu'un soir, une altercation tourne mal et que ses potes tuent un homme noir pour le plaisir, il comprend alors que sa vie va rapidement être en danger. Aussi il va décider de prendre la fuite, non sans emmener avec lui, celle qu'il aime plus que tout : Mabel. Commence alors une fuite, une vraie chasse à l'homme. Lucas s'en sortira-t-il vivant ? 

La vie à fleur de terre est le tout premier roman de Maud Tabachnik, réédité par les éditions de Borée. Je ne connaissais absolument pas l'auteure, et pour le coup, après ma lecture, je me dis que je suis passée à côté de quelque chose. 

Maud Tabachnik nous lance au visage tout ce qu'il y a de plus noir chez l'être humain : la xénophobie, le racisme et la violence gratuite. Lucas est imprégné de toute cette violence. Mais lorsque ses amis tuent pour le plaisir, il va prendre conscience du mal. Alors il va décider de s'enfuir. Il rêve de refaire sa vie avec celle qu'il aime. Elle est aveugle mais ressent tellement de choses, et surtout elle ne le juge pas. Elle l'aime comme il est, et pour Lucas c'est une première. Alors, pour elle, pour lui, il veut un avenir meilleur, loin de toute cette violence, mais son passé ne le laissera pas tranquille. 

Dans la vie à fleur de peau c'est cette cavale qu'on va suivre, retenant son souffle à chaque page. Espérant même secrètement qu'ils réussissent à s'en sortir. Oubliant alors le passé de Lucas et ses idées extrémistes. On ne peut que ressentir de l'attachement face à Lucas qui est né "au mauvais endroit, au mauvais moment". 

La vie à fleur de peau est un polar très noir qui  nous montre bien les travers de la société, les vices de la politique. 


jeudi 19 mars 2020

Surface - Olivier Norek

Synopsis : Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police. Là-bas, ni même personne ne veut de son enquête.


Ahhh Olivier Norek ! Est-il encore nécessaire de vous le présenter ? Est-il encore nécessaire de vous dire que c'est mon auteur chouchou ? Non je ne pense pas. Je vais vous épargner cela.

Surface... Je dois dire que je ne voulais pas le lire, parce qu'une enquête sans Victor Coste c'est un peu comme Paris sans la Tour Eiffel... Mais je sais qu'Olivier Norek sait nous surprendre nous lecteurs, et je lui fais entièrement confiance. 

Noémie, jeune capitaine de police se fait tirer au visage en pleine intervention qui tourne mal. Après plusieurs semaines de soin, elle se sent prête à reprendre le boulot, mais sa hiérarchie va en décider autrement. Plus personne ne veut d'elle ici. On va alors gentiment l'expédier au fin fond de l'Aveyron. Là-bas, elle va elle va rapidement s'apercevoir qu'on ne va pas d'elle non plus. Surtout lorsqu'elle va déterrer une vieille enquête. 

Stop pour l'histoire ! Olivier Norek réussit une fois de plus avec brio à me surprendre. Dès les premières pages on est lié corps et âmes avec Noémie ! La souffrance tant physique que psychologique font qu'on s'attache très rapidement à elle. Alors qu'elle était une capitaine de police respectée de tous, elle va devenir une vraie pestiférée. Mise au placard, elle va avoir envie de jeter l'éponge, mais une enquête va lui faire sortir de l'eau. 

Franchement, pour moi, Surface est le meilleur roman de l'auteur. Les mots justes sont choisis pour nous faire ressentir diverses émotions. Et cette Noémie, No ! Quelle belle personne. Je l'aime d'amour !! Quelle force de caractère et quelle beauté intérieure ! C'est une femme forte, brisée, mais forte. Et elle va, à travers son enquête, trouver la force de se reconstruire,  non sans mal bien évidemment. No, c'est un peu un animal sauvage qu'il faut apprivoiser avec patience, et persévérance. 

L'intrigue en elle-même est également bien travaillée, ce qui fait de Surface un page-turner d'une rare efficacité. Alors moi je ne vous dirai qu'une chose, jetez-vous sur ce livre (disponible depuis peu en poche chez Pocket éditions), vous ne le regretterez pas.

Et si vous ne l'aviez pas compris, Surface est pour moi un énorme coup de coeur.

Je finirai ma chronique avec une question pour Olivier : à quand une enquête menée par Victor & No ?




mardi 17 mars 2020

Le mystère Henri Pick - David Foenkinos

Synopsis : En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu'elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l'écrivain et apprend qu'il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n'a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n'était qu'une machination ? 

 C'est une amie qui m'a prêté ce livre. Une Delphine qui prête un livre à une autre Delphine et dont le personnage principal s'appelle Delphine. J'ai trouvé çà amusant. Oui j'avoue il me faut pas grand chose. 

Dans un petit village de Bretagne, une bibliothèque recueille les manuscrits refusés par les éditeurs. Delphine, jeune éditrice découvre parmi eux, un manuscrit qui pour elle, est un chef d'oeuvre. Ce manuscrit a été écrit par un certain Henri Pick. Elle décide alors de partir à la recherche de l'écrivain mais apprend qu'il est décédé. Selon sa veuve, Henri ne lisait jamais et pour elle il est invraisemblable que son mari ait pu écrire un roman. Mais après tout, connait-on vraiment les gens avec qui on vit ? Maglré ce mystère autour d'Henri, Delphine va publier le roman et il va vite devenir un best seller. Tout le monde s'arrache ce livre. Les journalistes sont à l'affût de la moindre info qui pourrait permettre d'en savoir plus. Parmi eux, Jean-Michel, un vieux de la vieille qui lui ne croit pas un seul instant que ce soit Henri Pick l'auteur de ce roman. Il va alors se rendre en Bretagne à son tour pour mener son enquête. 

Je m'arrête là pour l'histoire. David Foenkinos est un écrivain que je ne connaissais pas. Je dois dire que son style fait que le livre se lit vraiment bien. Pour ma part, si j'ai dévoré les trois quarts du livre, la fin ne m'a pas convaincue. Je dois même dire qu'elle m'a laissé sceptique. Pourtant dès le départ, je me suis prise au jeu, d'essayer de savoir qui avait bien pu écrire ce super roman. 

J'ai beaucoup aimé le personnage de Jean-Michel, ce vieux briscard m'a beaucoup touché. Dans son désir de vérité, on sent bien qu'il y a autre chose derrière.  Quant à Delphine, elle m'a rapidement agacée, je l'ai trouvé arrogante au plus haut point. 

En conclusion, même si j'ai dévoré ce livre, le mystère d'Henri Pick ne m'a pas convaincue. J'ai trouvé la fin vraiment trop tirée par les cheveux voire même peu crédible. 

Mais comme je vous le dis toujours, rien ne vaut un avis personnel, alors afin de vous faire le votre, n'hésitez pas à partir en Bretagne à la bibliothèque des manuscrits oubliés. Et surtout, dîtes moi ce que vous en avez pensé.


jeudi 12 mars 2020

Charade - Laurent Loison

Synopsis : Le cadavre d'une jeune femme est retrouvé, le visage encore marqué par la douleur de la torture qu'elle a subie. Dans une enveloppe abandonnée sur l'atroce scène de crime, une simple phrase : "Les premiers seront les derniers." Bientôt ce sont d'autres victimes, d'autres messages... Et un mystère qui reste entier. Pour arrêter ce jeu sordide, le 36 quai des Orfèvres a missionné le commissaire Florent Bargamont. Le brillant mais glacial enquêteur fait équipe pour la première fois avec une jeune et enthousiaste criminologue, Emmanuelle de Quézac. Malgré les rivalités qui font rage au sein du 36, le duo d'enquêteurs se lance à corps perdu à la poursuite de ce tueur en série aussi terrifiant qu'inhumain.

J'avais acheté ce livre lors des rencontres littéraires du Creusot en 2016. Autant vous dire qu'il était largement temps de sortir ce livre de ma PAL.

Autant vous le dire tout de suite, Charade est pour moi un thriller à  ne pas louper. Alors oui, je sais, vous allez me dire que j'arrive après la bataille. Je suis d'accord. Mais côté lecture, il n'est jamais trop tard pour découvrir un auteur.

Le commissaire Bergamont et son équipe vont enquêter sur une série de meurtres. Le tueur laisse des messages sous forme de charade. Il faudra alors toutes les ressources nécessaires pour mener à bien cette enquête, et pour cela, Bergamont pourra compter sur une nouvelle recrue : Emmanuelle de Quezac. Celle-ci devant faire ses preuves va alors se lancer corps et âmes dans l'enquête.

Dans Charade on trouve tous les ingrédients pour un bon thriller : un flic tourmenté, une affaire sordide et glauque, des meurtres, en veux-tu en voilà, tous aussi horribles les uns que les autres. Et surtout, on y trouve un tueur remarquablement doué pour jouer avec la police. Ce psychopathe va faire tourner en bourrique le commissaire Bargamont et son équipe, il va leur faire perdre la boule.

En parcourant les retours de lecture, je m'aperçois qu'il n'y a pas d'avis mitigé sur Charade. C'est soit on a adoré, soit on a pas aimé. Moi je fais donc partie de ceux qui ont adoré. Oui, c'est bourré de stéréotypes, mais en même temps beaucoup de thrillers sont construits sur le même mode et pour en lire à la pelle, je peux vous dire qu'une fois sur deux, ça matche avec moi. Le seul petit bémol que je pourrai mettre c'est les scènes de sexe, qui pour moi, n'ont pas vraiment leur place dans l'histoire. Disons que ça n'apporte rien de plus, pour moi l'intrigue se suffit à elle-même.

Personnellement, même si j'ai eu quelques légers doutes, je n'ai pas trouvé l'identité du tueur avant la fin, et rien que cela déjà pour moi c'est mission accomplie par l'auteur. 

Les scènes de crimes sont vraiment bien décrites, et Laurent Loison nous montre qu'il ne manque vraiment pas d'imagination en matière de meurtres. Âmes sensibles s'abstenir !

En conclusion, j'ai vraiment passé un excellent moment de lecture et je ne peux que recommander ce thriller.